À la lumière du Coran et de la sunna
Voir : tarbiya el awlâd fî dhaw el kitâb wa e-sunna de Sheïkh ‘Abd e-Salâm ibn ‘Abd Allah
e-Sulaïmân.
13- L’habituer à vertus et aux bonnes manières
Après la période du sevrage, l’enfant entre dans une phase où sa nature est encore saine, il aime imiter et refaire les gestes
des autres. Il est alors malléable comme de la pâte. Il ne faut donc pas négliger cette étape, sous prétexte qu’il serait encore petit et qu’il n’a pas atteint l’âge de raison.
Éduquer les enfants très tôt peut-être utile
Il est possible de redresser une racine
Il faut l’accoutumer à certaines règles qui touchent les repas, le sommeil, les salutations. Il doit prendre et donner de la
main droite, louer le Seigneur après avoir éternué, et faire les souhaits à celui qui éternue. Il doit, en outre, apprendre à être sincère et loyal.
Selon ‘Umar ibn Abî Salama, enfant, j’étais sous la tutelle du Prophète (r). Alors que mes mains se baladaient dans le plat, le Messager d’Allah (r) me lança : « Mon garçon ! Dis bismi Allah, mange de la main droite et devant toi. » ‘Umar confesse
qu’il n’a jamais changé depuis sa façon de manger.[1]
Il doit, en parallèle, avoir de l’aversion pour les vices comme le mensonge, l’égoïsme, et la jalousie envers ses frères. Les
parents ont notamment le devoir de mettre en garde leur enfant contre les péchés, en prenant ainsi exemple sur le Prophète (r) qui avertit el Hasan, l’un des membres de sa famille (ahl el baït), de ne pas toucher à la sadaqa
(l’aumône légale ndt.) sur laquelle ils n’ont aucun droit.
Selon Abû Huraïra, (t), el
Hasan ibn ‘Alî – qu’Allah les agrée son père et lui – prit une datte qui faisait partie de la sadaqa. À peine la porta-t-il à la bouche que le Prophète (r)
lui lança aussitôt : « Gare ! Gare ! Recrache-la ! Recrache-la ! Ne sais-tu pas qu’il nous est interdit de manger la sadaqa ? »[2]
Selon ‘Abd Allah ibn Mas’ûd (t), ce
dernier, ayant vu un garçon porté un qamîs (chemise longue ndt.) en soie, le déchira avant de s’écrier : « Ce tissu est pour les
femmes ! »[3]
Les parents doivent donc interdire à leur enfant de commettre des péchés, bien qu’il ne soit pas en âge de répondre de ses
actes devant Allah. S’il ne prend pas de bonnes habitudes étant enfant, il lui sera d’autant plus difficile à l’âge adulte, de se débarrasser des péchés auxquels il se sera familiarisé. La mère
doit veiller plus particulièrement à la fille. Elle doit lui ancrer très tôt la pudeur et lui apprendre à ne pas se mélanger aux hommes étrangers. La fille devra porter des vêtements décents et
éviter les habits courts par lesquels, malheureusement, beaucoup de musulmans sont éprouvés.
14- Il incombe de cajoler à l’enfant et s’amuser avec lui
Il va sans dire que d’entourer l’enfant d’attentions affectueuses et consacrer des moments pour jouer avec lui, aura des
effets positifs sur son éducation. Celle-ci sera plus saine, en sachant que le jeu fait partie intégrante de la vie quotidienne. Il ne faut donc pas négliger cet aspect de la vie, au risque de
perturber leur nature et leur caractère inné. Il incombe plutôt de participer à leurs jeux, de s’amuser avec eux et de les cajoler afin de se faire aimer par ces derniers. En s’habituant à la
présence des parents, ils accepteront mieux leurs conseils et leur orientation. Allah (Y) s’adresse à Son
Prophète (r) en ces termes : [Par la
miséricorde d’Allah, tu es doux avec eux. Si tu avais été rude et avait le cœur dur, tu les aurais fait fuir].[4] Ce même
Prophète (r) était le meilleur des hommes envers sa famille, comme il le dit lui-même : « Le meilleur
d’entre vous, c’est celui qui est le meilleur envers sa famille. Quant à moi, je suis le meilleur d’entre vous envers ma famille. »[5]
Le Prophète (r) aimait cajoler et
s’amuser avec les enfants. Selon Abû Huraïra (t) en effet, le Messager d’Allah (r) tirait la langue à el Husaïn ibn ‘Alî. Quand l’enfant voyait la rougeur
de sa langue, ce dernier souriait.[6]
‘Omar (t) a dit : « Un jour que
je vis el Hasan (t) et el Husaïn(t) sur les
épaules du Prophète (r), je m’écriais : « Quel beau cheval êtes-vous en train de monter
!
- Quels beaux cavaliers sont-ils ! répondit le Messager d’Allah (r). » »[7] Rapporté
par Abû Ya’lâ. Le prophète (r) s’amusait également avec l’un des frères d’Anas ibn Mâlik – qu’Allah les agrée tous les deux – en lui disant : « Hé Abû ‘Umaïr,
qu’est devenu le nughaïr (le petit serin ou l’oisillon avec lequel il jouait ndt.) ? »[8] UN jour, il passa devant un groupe d’Aslam qui se rivalisait au tir à l’arc. Il (r) leur lança alors : « Tirez fils d’Ismâ’îl ! Votre père était un tireur à l’arc. Tirez ! Moi, je supporte les banû un
tel. » Puis, comme l’une des deux équipes ne voulait plus rivaliser, Il (r) s’étonna : «
Pourquoi ne tirez-vous pas ?
-Comment pouvons-nous tirer alors que tu es de leur côté
?
-Tirez, et je vous soutiendrais tous, répondit-il. »[9] Rapporté par el Bukhârî.
Selon ‘Abd Allah ibn el Hârith (t), le Messager d’Allah (r)
alignait ‘Abd Allah, ‘Ubaïd Allah et souvent les enfants d’el ‘Abbâs (y). Puis, il leur disait : « Le
premier qui m’atteint aura telle et telle récompenses. » Il faisait alors la course, poursuit ‘Allah, et se jetait sur son dos et sa poitrine. Il les embrassait et les prenait dans ses
bras.[10] Rapporté par Ahmed. ‘Âisha –
qu’Allah l’agrée – aimait jouer avec des filles. Le Prophète (r) lui ramenait des filles pour qu’elle
puisse jouer avec elles. Rapporté par el Bukhârî et Muslim.[11]
Il les ramenait vers elle dans le sens où il les envoyait vers elle.
Il est possible d’inculquer par le jeu, les bonnes manières aux enfants, comme la sincérité, la loyauté, etc. Comme il est
possible par ce biais de les mettre en garde contre les vices, tels que le mensonge, la trahison, la tricherie, les vilaines paroles, etc.
Par Karim Zentici
Notes :
[1]
Rapporté par el Bukhârî (5376), Muslim (108, 2022), et Ahmed dans el musnad 26/252
(16332).
[2]
Rapporté par el Bukhârî (1491) et Muslim (161, 1069).
[3]
Rapporté par ibn Abî Shaïba dans el musannaf 5/152 (23655).
[4]
La famille d’Imrân ; 159
[5]
Rapporté par e-Tirmidhî (3895), selon ‘Âisha – qu’Allah l’agrée – ; e-Tirmidhî fait ensuite le commentaire suivant : « Ce hadîth est bon et authentique. »
Il est rapporté également par ibn Mâja (1977), selon ibn ‘Abbâs.
Quant aux hadîth que rapporte el Hâkim, selon Abû Huraïra, avec les termes suivants : « Le meilleur d’entre vous, c’est le meilleur avec ma famille après moi. » Il est dans son
mustadrak 3/352 (5359) ; el Hâkim l’a authentifié selon les conditions de Muslim ; e-Dhâhabî lui a approuvé son
jugement.
[6]
Rapporté par ibn Hibbân dans son recueil e-sahîh 12/408 (5596) et 15/431 (6975).
[7]
El Haïthamî l’a mentionné dans majmû’ e-zawâid (9/182), avant de faire le commentaire suivant : « Il est rapporté par Abû Ya’lâ dans el
kabîr et les rapporteurs de sa chaine narrative font partie de l’éventail du recueil e-sahîh. »
Il est rapporté également par el Bazzâr 1/418 (293).
[8]
Rapporté par el Bukhârî (6129 et 6203), Muslim (2150).
[9]
Rapporté par el Bukhârî (2899), selon Salama ibn el Akwa’ (t).
[10]
Rapporté par Ahmed dans el musnad 3/335 (1836).
[11]
Rapporté par el Bukhârî (6130) et Muslim (2440), selon ‘Âisha – qu’Allah l’agrée –.
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