À la lumière du Coran et de la sunna
Voir : tarbiya el awlâd fî dhaw el kitâb wa e-sunna de Sheïkh ‘Abd e-Salâm ibn ‘Abd Allah e-Sulaïmân.
3- Éduquer les enfants à obéir à Allah et à obéir au Messager d’Allah (r)
Éduquer les enfants à obéir à Allah et à obéir à Son Messager (r), est l’un des plus grands devoirs qui incombent aux parents. Les enfants doivent également encenser les lois d’Allah et
celle de Son Messager (r). Il faut leur rappeler les Versets et les hadîth qui traitent du sujet. Allah (I) révèle :
[Celui qui obéit à Allah et au Messager sera avec ceux qu’Allah a comblés de Ses bienfaits parmi les
prophètes, les véridiques, les martyrs, et les pieux ; quelle belle compagnie est-elle !][1]
L’obéissance à Allah implique de l’adorer Seul sans Lui vouer d’associer. Et l’amour du Messager (r) implique d’obéir à ses ordres, croire en ses paroles, s’éloigner de ce qu’il a défendu et condamné, et adorer Allah
uniquement selon sa Loi. Il faut le dissuader de désobéir au Seigneur et à Son Messager, car c’est une cause qui conduit en Enfer. Allah révèle (I) : [Le jour où leurs
visages seront retournés dans l’Enfer, ils diront : « Hélas, nous aurions du obéir à Allah et obéir au Messager ! »][2] Les parents
doivent donc donner l’exemple à leur enfant en se soumettant aux ordres d’Allah et du Messager.
4- Les éduquer à aimer les savants et les responsables de l’autorité
Pour assurer une bonne éducation, les pères et les mères doivent notamment inculquer aux enfants l’amour des savants et des
responsables de l’autorité. Les savants sont les héritiers des prophètes qui ne léguaient ni dirham ni dinar. Ils laissaient derrière eux uniquement le savoir ; celui qui s’en
empare aura gagné une grande part de leur héritage.[3] D’autre part, si par malheur, le
doute est jeté sur la personne des savants ou leur savoir, si on affiche une critique ou un manque de respect vis-à-vis d’eux, et si leurs erreurs sont dévoilées en présence des enfants, la
communauté s’expose ainsi à un danger terrible. Le savoir nous est transmis en effet par leur intermédiaire et la législation islamique nous est transmise par leur intermédiaire. Un tel
comportement a pour vocation de purement et simplement détruire la religion musulmane.
Par ailleurs, à l’âge adulte, l’enfant d’aujourd’hui cherchera forcément la source qui le mènera au savoir religieux, mais il
ne se tournera malheureusement pas vers les savants qui susciteront en lui le doute. Il sera peut-être même tenté de puiser ses connaissances chez les savants égarés ou ceux qui possèdent des
idées corrompues. L’enfant contribue ainsi à la destruction de la société. Quant aux responsables de l’autorité, ils ont pour fonction de diriger les affaires du pays, d’appliquer la législation
musulmane, d’assurer la paix civile, et d’unir les membres de la société autour d’une seule parole.
C’est pourquoi, le Très-Haut révèle : [Ô croyants ! Obéissez à Allah, obéissez au Messager et aux détenteurs de l’autorité parmi vous].[4] Les détenteurs de l’autorité correspondent aux savants et
aux gouverneurs. Malheureusement, certaines assemblées de musulmans médisent et calomnient les savants et les gouverneurs. Ils dévoilent leurs erreurs au grand jour et les mettent en valeur. Si
l’un d’entre eux regardait ses propres défauts, il s’apercevrait que son cas est bien plus grave que ceux qu’il incrimine. Alors qu’il suffit pour commettre un péché de raconter tout ce qu’on
entend.[5]
Ces rencontres sont d’autant plus malheureuses que les enfants y participent. Ces derniers vont naturellement recevoir ces
paroles à cœur ouvert. Ils garderont en grandissant une mauvaise image des savants et des émirs et seront enclins aux troubles (fitna), à les taxer d’innovateurs et de pervers sans
aucune science. Pourtant, les rumeurs qu’ils entendent sont probablement pour la plupart, entièrement fausses. Infondées, elles sont souvent un amas de calomnies que les détracteurs de l’Islam et
les ennemis de la croyance orthodoxe sur laquelle est fondé ce pays (l’Arabie Saoudite ndt.), distillent dans les rangs.
Sheïkh ‘Abd el ‘Azîz ibn bâz – qu’Allah lui fasse miséricorde – explique
à ce sujet : « Condamner publiquement et du haut du minbar les gouverneurs ne fait par partie du chemin des anciens. Une telle pratique engendre la révolte et le non-respect à
l’obéissance qu’on leur doit dans les limites légitimes. Elle suscite contre le pouvoir en place un soulèvement qui ne rapporte aucun bien. Cependant, les anciens avaient recours au bon conseil
qu’ils prodiguaient au sultan en privé, par courrier, ou par l’intermédiaire des savants qui se mettent directement en contact avec lui en vue de l’orienter vers le bien. »[6]
La voie des anciens ne prône nullement de critiquer ouvertement et en public le pouvoir en place, en raison des inconvénients
énormes que cela peut engendrer dont notamment les révoltes. Un jour, Usâma ibn Zaïd (t) fut interpellé
en ces termes : « Ne devrais-tu pas te rendre chez ‘Uthmân pour lui parler ?
-Pensez-vous que je devrais attendre pour lui parler de le faire en votre
présence, fustigea-t-il ? Par Allah ! Je lui ai parlé entre lui et moi, sans pousser une porte que je n’aimerais pas être le premier à
ouvrir. »[7]
En commentaire à cette annale, el Qâdhî ‘Iyâdh – qu’Allah lui fasse miséricorde – explique : « Usâma veut dire qu’il ne veut pas ouvrir la porte de la condamnation publique de l’Imam car il a
conscience des mauvaises conséquences que cela peut engendrer. Prodiguer un conseille avec douceur et en privé est plus à même de porter ses fruits. »[8]
Sheïkh el ‘Uthaîmîn – qu’Allah lui fasse miséricorde – a éclairci la
voie à suivre dans ce domaine en disant : « Certaines gens ont la mauvaise manie de critiquer dans leurs rencontres les responsables de l’autorité et d’entacher leur honneur. Ils se plaisent
à exhiber leurs défauts et leurs erreurs en fermant l’œil sur leurs bons côtés et leurs bonnes actions. Il va sans dire que cette attitude ne fait qu’aggraver les choses ; elle ne résout rien et
n’a pas pour vocation de réparer l’injustice. Au contraire, le mal prend ainsi plus d’ampleur. Envahis d’un sentiment de haine contre les autorités, les citoyens ne vont plus se soumettre à leurs
devoirs vis-à-vis d’eux.
Quant à nous, nous ne doutons pas que les responsables de l’autorité puissent commettre des erreurs, ce qui est propre à
l’homme. Tous les êtres humains sont soumis à l’erreur, mais le meilleur d’entre sont ceux qui se repentent au Seigneur. Nul doute également qu’il nous incombe de ne pas nous taire quand une
erreur est commise. Nous avons le devoir dans cette situation de prodiguer, dans la mesure du possible, le bon conseil à Allah, à Son Livre, à Son Messager, aux imams musulmans et à leurs
sujets.
Ainsi, lorsque nous voyons une erreur chez les gouverneurs, nous devons nous mettre en contact avec eux soit verbalement
soit par écrit en vue de les conseillers. Nous utilisons pour y parvenir le chemin le plus court en vue d’exposer la vérité et de mettre leurs erreurs en lumière. Puis, nous leur faisons la
morale et leur rappelons leur devoir de prodiguer également le bon conseil à leur sujet, en tenant compte de leurs intérêts respectifs et en leur épargnant l’injustice. »[9]
Pour sa part, Sheïkh Sâlih el Fawzân – qu’Allah le préserve – nous apprend : « Parler sur les responsables de l’autorité relève de la médisance et de la calomnie. C’est l’un des
plus graves péchés en dehors de l’association, surtout lorsqu’il s’agit des savants et des gouverneurs. C’est pire en raison des inconvénients énormes qui en résultent (la société se divise, la
suspicion est jetée à l’encontre des représentants de l’autorité, le pessimisme et la déception s’installent dans les rangs. »[10]
Pour appuyer ce principe, les savants parmi les anciennes et les nouvelles générations s’inspirent d’un certain nombre de
hadîth, dont l’affiliation au Prophète (r) est
certifiée. Nous avons notamment :
1-Selon ibn ‘Abbâs – qu’Allah les préserve son père et lui –, le Messager
d’Allah (r) a dit : « Quiconque voit chez son émir une chose qu’il réprouve, il doit l’endurer, car
celui qui vient à mourir en s’ayant écarté d’un empan du groupe, meurt à l’état de l’ère païenne. »[11]
2-Selon ‘Iyâdh ibn Ghanm
(t), le Messager d’Allah (r) affirme : « Celui qui veut donner conseil au sultan, il ne doit pas le faire en public, mais il doit le prendre [seul ndt.] par la main. S’il accepte,
c’est tant mieux, sinon il aura accompli son devoir. »[12]
3- Selon Anas ibn Mâlik (t), les grands parmi les Compagnons nous ont avertis en ces termes, le Messager d’Allah (r) préconise : « N’insultez pas vos émirs, ne les trompez pas, ne les détestez pas, mais craignez Allah et patientez,
car le moment est proche. »[13]
4-Selon Ziyâd el ‘Adawî, j’étais avec Abû Bakra au pied du minbar
(chaire ndt.) d’ibn ‘Âmir qui faisait un sermon. Comme il portait un vêtement transparent, Abû Bilâl s’exclama : « Regardez l’émir, il porte les habits des pervers !
- Tais-toi ! Répondit aussitôt Abû Bakra. J’ai entendu dire le Messager d’Allah (r) : « Allah méprise quiconque méprise le pouvoir (sultan) d’Allah sur terre. »[14]
Par Karim Zentici
[1]
Les femmes ; 69
[2]
Les coalisés ; 66
[3]
Voir à ce sujet le hadîth d’Abû Dardâ (t) rapporté dans le musnad d’Ahmed 36/45-46
(21715).
[4]
Les femmes ; 59
[5]
Voir le hadîth cité dans l’introduction de sahîh Muslim (5, 5) et dans le recueil d’Abû Dâwûd
(4992).
[6]
El ma’lûm min wâjib el ‘alâqa baïna el hukkâm wa el mahkûm (p. 22).
[7]
Rapporté par Ahmed dans el musnad 36/117 (21784), el Bukhârî (3267) et Muslim (2989) auquel les
termes cités en haut reviennent.
[8]
Fath el Bârî 13/67 (7098).
[9]
Wujûb tâ’a e-sultân fî ghaïr ma’siya e-Rahmân d’el ‘Uraïnî (p. 23-24).
[10]El ajwiba el mufîda ‘an as-ila el manâhij el jadîda (p.
60).
[11]
Rapporté par Ahmed 4/290 (2487), el Bukhârî (7054), et Muslim (55, 1849).
[12]
Rapporté par Ahmed 24/48-49 (15333), et ibn Abî ‘Âsim dans
e-sunna 2/507 (1096).
[13]
Rapporté par ibn Abî ‘Âsim dans e-sunna 2/474 (1015), et el Baïhaqî dans el jâmi’ li shu’ab el
îmân 10/27 (7117).
[14]
Rapporté par Ahmed dans el musnad 34/79 (20433), et e-Tirmidhî auquel les termes cités en haut
reviennent et qui a fait ensuite le commentaire suivant : « Ce hadîth est bon et singulier. »
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